lunes, 8 de febrero de 2010

Le Prince Sixte-Henri de Bourbon


Le Prince Sixte-Henri de Bourbon

Un héritage spirituel
Sa carrière et ses engagements
Le Carlisme

Son Altesse Royal Sixte-Henri de Bourbon

L'association François le Vau à Lignières Notre projet n’aurait pas pu dépasser le stade de l’idée sans le soutien de S.A.R. Sixte-Henri de Bourbon-Parme, propriétaire du domaine de Lignières depuis la disparition de Madame sa mère, Madeleine de Bourbon-Busset, duchesse de Parme. Prince engagé, il tords le coup à toute ces caricatures qui voudraient que la noblesse occidentale ait sombré dans l’oisiveté et la nostalgie. Prince ancré dans son temps, il occupe une place centrale au sein des dynasties européennes, il incarne un trait d’union, une synthèse vivante de cette caste, avec une volonté farouche d’affronter les enjeux actuels à la lumière de la tradition et sans rien renier de l’héritage spirituel de ses ancêtres.

Généalogie et héritage spirituel

Sixte-Henri de Bourbon-Parme appartient à la dynastie des Capétiens, fondée par Hugues Capet, duc des Francs, qui régna sur la France à partir de 987 et dont sont issus tous les rois qui ont façonné la France pendant plus de huit siècles.

La branche des Bourbon naît en 1283 avec Robert de France (1256-1317), comte de Clermont, sixième et dernier fils du roi Louis IX, dit Saint-Louis. Ils appartiennent à la Maison de France et sont princes de sang royal, mais ne sont pas les aînés et suivront donc –jusqu‘à la crise dynastique de 1589– une voie parallèle, servant le Royaume sans jamais s‘interdire quelques libertés. Robert de France épouse, en 1283, Béatrice, fille unique d'Agnès de Bourbon, issue de la première maison des seigneurs de Bourbon-Dampierre, et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais. Par ce mariage, il devient seigneur de Bourbon. La seigneurie est érigée en duché en 1327 pour Louis Ier de Bourbon (1280-1342), son fils.

La maison prospère. Louis II de Bourbon (1337-1410) épouse Anne d'Auvergne en 1371 ce qui lui permet d'agrandir le domaine du comté de Clermont-en-Auvergne, du Forez et de la seigneurie de Mercœur. Pendant la guerre de cent ans, la maison se divise en trois branches:

• la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon, d'Auvergne
• Les comtés de Clermont-en-Beauvaisis, à la tête de la seigneurie du même nom mais aussi du dauphiné d'Auvergne et du comté de Sancerre
• La branche de Vendôme qui rassemble le comté de Vendôme et la principauté de La Roche-sur-Yon.

Parmi les descendants de la branche aînée, Antoine (1518-1562), épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Mais à la mort d'Henri III, assassiné par le moine fanatique Jacques Clément, la Maison de Valois n'a plus aucun héritier. Les règles de succession en vigueur, dites loi salique ou règle de primogéniture mâle, font donc d'Henri IV, cousin au vingt-deuxième degré du roi défunt, le nouveau souverain du royaume.

Suivra la Maison de France avec Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis XVII, Louis XVIII, Charles X, Louis XIX, Henri V, etc.

La maison de Bourbon-Parme, quant à elle, intervient au XVIIIe siècle et est issue de la maison royale des Bourbons d’Espagne, elle-même issue de la maison royale des Bourbons de France. En effet, à la fin des années 1690 se pose le problème de la succession d'Espagne : Charles II d'Espagne, surnommé el Hechizado, «l'ensorcelé», est malingre et contrefait, de santé très délicate et sans postérité. Avant même sa mort, les grandes puissances européennes tentent de s'entendre pour s'approprier son royaume. Louis XIV, fils de Anne d'Autriche –elle-même fille aînée de Philippe III d'Espagne– et époux de Marie-Thérèse d'Autriche –elle-même fille de Philippe IV d'Espagne– dispose d‘une grande légitimité pour présenter son candidat à la succession, Philippe, son second petit-fils.

Charles II choisit la solution française: le 2 octobre 1700, il fait du jeune duc d'Anjou, 17 ans, le second petit-fils de Louis XIV, son légataire universel. La dynastie des Bourbons d’Espagne est fondée; elle règne encore.

En 1715, Philippe V épouse en seconde noces Elisabeth Farnèse, la nièce du dernier duc de Parme et de Plaisance, Antoine Farnèse, et son unique héritière. Tandis que l’aîné des fils de Philippe, monte sur le trône d’Espagne sous le nom de Ferdinand IV, le cadet, Charles, reçoit le duché de Parme des mains de sa mère défunte. De 1731 à 1735, Charles de Bourbon-Espagne assume cet héritage mais monte ensuite sur le trône d‘Espagne, à la mort de son frère, sans postérité.

En 1738, suite à la Guerre de Succession de Pologne et l’application du Traité de Vienne, le duché sera donné au Saint-Empire Romain Germanique, jusqu’à un nouveau conflit européen, la guerre de Succession d’Autriche, dont l’issue en 1748, redonnera la légitimité du trône à l’Espagne qui désigne l’infant Philippe comme souverain. Il part régner sur son territoire dès juillet 1749, sous le nom de Philippe Ier. Il épousera Elisabeth de France (1727-1759), fille de Louis XV.

Suivront les ducs de Parme:

• Ferdinand Ier (1751-1802), qui épousera Marie-Amélie de Habsbourg-Lorraine (1746-1804), archiduchesse d'Autriche et princesse royale de Bohême et de Hongrie
• Louis Ier (1773-1803), qui sera également roi d’Étrurie, qui épousera Marie-Louise de Bourbon (1782-1824), infante d'Espagne
• Charles II (1799-1884), roi d’Étrurie qui épousera Marie-Thérèse de Savoie (1803-1879), princesse royale de Savoie, de Sardaigne et de Piémont
• Charles III (1823-1854), qui épousera Louise d‘Artois (1819-1864), petite-fille de Charles X, princesse royale de France
• Robert Ier (1848-1907), dernier souverain du duché, qui épousera Pia de Bourbon (1849-1882), princesse royale des Deux-Siciles, puis Antonia de Bragance (1862-1959), princesse royale du Portugal.

La situation des Bourbons est instable en cette fin de XIXe siècle:

• Les Bourbon de France s’éteignent en 1883
• Les Bourbon d’Espagne –cadets– sont affaiblis par des querelles intestines –Guerres carlistes– puis par l’instauration d’une République en 1873-1874
• Les Bourbons-Orléans, fils de Louis-Philippe, sont frappés par une loi d’exil en 1886.
• Les Bourbons-Sicile, ont perdu leur royaume en 1861 et vivent depuis à Rome, protégés du pape.

Seuls les Bourbon-Parme, bien qu’ayant également perdu leur souveraineté sur le duché, parviennent à augmenter leur influence et leur aura au sein des maisons européennes, sous le patriarcat de Robert.

En 1883, Henri de Bourbon, duc de Bordeaux, connu comme le «Comte de Chambord», petit-fils de Charles X et dernier représentant mâle de la branche des Bourbons de France, meurt sans enfant. Robert de Bourbon-Parme, son neveu, héritera d’une grande partie du Trésor de France; composé de bijoux, d’œuvres d’art et de souvenirs familiaux, ainsi que de propriétés et de fermages. Le Château de Chambord en fera partie.

Grâce aux deux mariages de Robert, la branche prends un véritable «envol démographique». En effet, Robert sera père de 24 enfants! Il parviendra à tisser des alliances remarquables en mariant ses enfants avec la maison impériale d’Autriche et d‘Allemagne, les maisons royales de Danemark, Pays-Bas, Espagne, Savoie, Roumanie, Bulgarie, les familles princières ou ducales La Rochefoucauld, Lobkowicz, Holstein, Broglie. Au tournant du XXe siècle, c’est bien la branche Bourbon-Parme qui incarnera le mieux l’esprit capétien, sa grandeur et son sens inné des responsabilités.

Lorsque éclate la Première Guerre Mondiale, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, oncle et père de Sixte-Henri, sont empêchés de servir dans l’Armée Française, en vertu de la loi d’exil du 26 juin 1886, frappant tous les hommes de familles royales ou impériales. Ils se proposent donc au service du roi des Belges, Albert Ier, surnommé le Roi-Chevalier, qui tient tête aux armées allemandes avec un courage héroïque. Pour ces membres de la haute aristocratie européenne, ce conflit est une guerre civile déchirante, n’opposant que des cousins. Dès 1917, ils utiliseront leurs entrées dans les cours d’Europe et leur proximité d’avec le pape Benoît XV –ardent défenseur de la paix– afin d’assurer la médiation et d’apaiser les différents dirigeants.

Ils utilisèrent particulièrement leur lien familial avec l’empereur d’Autriche-Hongrie, Charles Ier, époux de leur sœur Zita –qui passera tous ses étés à Lignières vers la fin de sa vie–. Ce monarque, très pieux et profondément philanthrope, cherche à faire la paix depuis sa montée sur le trône en 19161. Hélas, les exigences du gouvernement français et les querelles d’honneurs entre Clemenceau et le Comte Czernin, chef de la diplomatie autrichienne, feront échouer les négociations. La presse dévoilera les tractations secrètes, scandale qui mettra l’empereur dans une situation très délicate vis-à-vis de son allié allemand, hurlant à la trahison.

Le prince Xavier de Bourbon-Parme s’illustrera ensuite durant l’entre-deux guerres en assumant, à partir de 1936, la «régence» du carlisme espagnol.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le prince Xavier mets ses réseaux diplomatiques et ses talents –il parle huit langues– au service des communications secrètes entre le Ministère des Affaires Étrangères britannique, et le Maréchal Pétain, qu’il a fréquenté pendant la Première Guerre Mondiale. Il favorise ensuite l’installation d’un maquis dans ses domaines forestiers de l’Allier. Son aide à la Résistance sera telle qu’il sera arrêté par la Gestapo, en juin 1944, dans sa demeure du Vieux-Bost. Il sera incarcéré à Clermont, sera transféré à Dachau puis à Buchenwald. Prince chrétien, il participera à l’organisation clandestine de cérémonies religieuses avec des membres de l’Action Catholique, et ce malgré la peine de mort qu’encourait tout participant à un acte extérieure de culte.

Le Prince Xavier transmettra à son fils son sens du devoir et des responsabilités qui incombent aux membres de la Dynastie capétienne. Après la guerre, l’essentiel de ses interventions publiques concerneront sa foi en la mission civilisatrice du christianisme, qu’il voyait comme un ciment de paix et d‘amour pour le monde. Il décéda le 7 mai 1977 et eu droit à des funérailles grandioses en la cathédrale basilique de Saint-Denis.

La Maison de Bourbon-Busset, dont est issu Sixte-Henri de Bourbon-Parme par sa mère Madeleine de Bourbon-Busset, est également fort d’une particularité dans le paysage de la noblesse européenne puisqu’elle forme la branche aînée mais non dynaste de la maison capétienne de Bourbon. Le Général de Gaulle avait dit un jour à Jacques de Bourbon-Busset, diplomate, écrivain et académicien: «Si Louis XI n’avait pas pris une certaine décision, vous seriez sans doute ce chef de l’État que je suis aujourd’hui».

En effet, les différentes branches des Bourbon-Busset ne sont pas successibles au trône de France selon les Lois fondamentales du royaume de France. Ils sont issus de Louis de Bourbon (1438-1482), descendant à la sixième génération de Robert de France, comte de Clermont. Louis était Prince-évêque de Liège par la protection de son oncle Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.

Bien qu’évêque, il eut de Catherine d'Egmont, duchesse de Gueldre, trois fils naturels dont l'aîné, Pierre de Bourbon, seigneur de L'Isle (1464-1530), dit «le grand bâtard de Liège», chambellan du roi Louis XII, épousa Marguerite de Tourzel d'Alègre, baronne de Busset fondant ainsi la maison de Bourbon de Busset, dite «Bourbon Busset». Tout en étant les aînés des Capétiens, les Bourbon-Busset n'ont jamais revendiqué quoique ce soit de plus que ce qu'ils avaient, et sont constamment restés de fidèles serviteurs des rois leurs cousins.

La Maison de Bourbon-Busset a contracté des alliances avec les familles les plus illustres de la noblesse française, soulignant leur haute naissance: d'Albret en 1535, La Rochefoucauld en 1564, Chabannes en 1598 et 1857, Motier de La Fayette en 1613 et 1621, de Saulx-Tavannes en 1672, Clermont-Tonnerre en 1743, Sarret de Gaujac en 1789, Gontaut-Biron en 1818, Mailly-Nesle en 1855 (Ce mariage apporta le château de Lignières dans le patrimoine des Bourbon-Busset), Polignac en 1875, Colbert en 1911, d'Albon en 1919, Bourbon-Parme en 1927, Mortemart en 1944, etc.

Généralement le blason attribué aux Bourbon Busset est :«De Bourbon au chef de Jérusalem», c’est-à-dire d'azur à trois fleurs de lys d'or –qui est «de France moderne»– au bâton péri en bande de gueules en abîme (qui est Bourbon moderne), au chef d'argent à la croix potencée et contrepotencée d'or (qui est Jérusalem, brisure des Busset). A la mort du dernier duc de Condé en 1830, les Busset relèvent les armes Bourbon moderne, portées jusque-là par les Condé. Les Busset sont désormais les seuls Bourbons survivants qui ne descendent pas d'Henri IV, le chef de Jérusalem ne s'impose plus, puisqu'il n'est plus nécessaire pour eux de briser les armes de Bourbon. Accédant au trône, Henri IV avait abandonné les armes Bourbon pour prendre celles de France, tout en gardant ses armes de Navarre. Exemple de ces armes : le faire-part de mariage en 1927 de Xavier de Bourbon (de Parme) (1889-1977) avec Madeleine de Bourbon (Busset) (1898-1984) : deux écus en ovale de France avec pour l'un la bordure de gueules chargée de coquilles des Parme et pour Madeleine de Bourbon Busset le bâton péri simple des Bourbon. "Espérance", la très belle devise des Bourbon-Busset est celle de Louis II, duc de Bourbon, cousin et beau-frère de Charles V, un des meilleurs capitaines et hommes politiques de son temps, célèbre pour son esprit chevaleresque. Elle est très présente à Lignières, notamment sur les plaques de cheminées, les pares-feu et de nombreuses tapisseries.

Sa carrière et ses engagements

S.A.R Sixte-Henri de Bourbon-Parme est né à Pau, le 22 juillet 1940, second fils et dernier enfant de Xavier de Bourbon-Parme et Madeleine de Bourbon-Busset. Il étudie dans des institutions catholiques, parmi les sœurs bénédictines et maristes. Il étudia le droit, les lettres classiques et modernes ainsi que la finance sous l‘œil bienveillant de ses parents qui agrémentèrent son instruction de la compagnie de fameux précepteurs espagnols.

En 1965, son éducation achevée, il s’enrôle dans la Légion étrangère espagnole, dans le 1er régiment d’élite «Gran Capitan», sous un nom d’emprunt; Enrique Aranjuez, référence à son titre de Duc d’Aranjuez. Quelques mois plus tard, lors de la traditionnelle cérémonie de prestation de serment, il modifie le discours officiel et se place «au service du roi», et non au service du général Franco, au pouvoir. Stupéfié, l’état-major découvre rapidement sa véritable identité, l’exclut de la Légion et le fait quitter l’Espagne.

Hostile à l‘expansion du communisme en Afrique, il entre comme Lieutenant dans les «Commandos» portugais. En Angola, un conflit oppose le Portugal à une guérilla soutenue par le Bloc de l’Est. Il s’illustre et termine le conflit en 1974, avec le grade de Colonel.

Ayant toujours bénéficié de l’exemple paternel, il se pose dès lors en héritier de la tradition diplomatique aristocratique incarnée par le Prince Xavier. Depuis les années 1980, il s’occupe de missions de médiations dans le Caucase, en Asie Mineure, au Moyen-Orient, où il est un conseiller recherché.

Au cours des années 1990, il effectue de très nombreuses visites dans le monde hispanique participant à des colloques historiques et donnant des conférences de géopolitique internationale dans plusieurs universités d’Amérique du Sud et d‘Espagne, activité qu‘il remplit toujours à l‘occasion.

Multipliant aujourd’hui les interventions et les projets, il œuvre pour le développement de la francophonie et pour la promotion de l’alliance franco-espagnol autour de l’identité capétienne.

Le Carlisme

Le carlisme est un mouvement dynastique et politique espagnol, né en 1830, suite à l'abolition de la loi salique par Ferdinand VII, roi d’Espagne, peu avant son décès.

La Loi Salique, statuant sur les règles de successions du trône était en Espagne héritée des Bourbons de France par Philippe V –roi de 1700 à 1746–. Elle ne permettait pas l'accès à la couronne aux femmes, mais n'empêchait pas la transmission des droits de succession par voie féminine.

En 1829, veuf par la troisième fois, sans descendance, le roi Ferdinand VII se marie pour la quatrième fois avec Marie-Christine de Bourbon. Conformément à la Loi Salique, il avait déjà désigné comme successeur son frère cadet l’Infant Charles de Bourbon (1788-1855).

Fin mars de 1830, la reine Marie-Christine annonce sa grossesse. Le 31 mars 1830, Ferdinand VII promulgue la «Pragmatique Sanction», en reprenant la substance d’un décret royal du 30 septembre de 1789, sous le règne de son père Charles IV, qui établissait que, si le roi n'avait pas d'héritier mâle, la fille la plus âgée devenait l'héritière, abolissant de fait la Loi Salique.

Ce décret n’avait pas été validé par les Cortes –l’équivalent des États Généraux espagnols–, en 1789, et avait été abandonné pour des raisons de politique étrangère. En 1833, toujours invalidée par les Cortes, non convoqués, la «Pragmatique Sanction» n’eut pas dû faire office de testament valide du monarque. Pourtant, la cour désigne Isabelle II, l’enfant né en 1830, comme successeur de Ferdinand IV et acclame sa fille à sa mort, le 29 septembre 1833.

L’Infant Charles est profondément choqué de voir ses droits piétinés par une aristocratie libérale et centralisatrice, coupée du monde réel, enfermée dans un esprit clanique. Il sait qu’il peux compter sur le soutien de la majorité du peuple, attaché au maintien des droits des provinces –les Fueros–, à la défense de la foi catholique et à la réunion des Cortes.

Croyant en son bon droit et en ses partisans au bonnet rouge, appelés les Requetés, il se lance dans un conflit armé, dès novembre 1833. En 1839, après d’âpres batailles, les forces carlistes sont affaiblies et cessent les combats, sans jamais se désarmer. L’Infant Charles se retire en France, car il est menacé d’assassinat en Espagne.

En 1845, il laisse le soin à son fils, Charles (1818-1861) de poursuivre la lutte. Ce dernier, sous le nom de Charles VI, reconstitue des forces conséquentes devant le mécontentement général de la population. En effet, la politique d‘Isabelle II est impopulaire; oisive, laissant la réalité du pouvoir aux généraux, elle fait figure d‘une reine sans charisme et sans talent.

Charles-Louis fait éclater la seconde guerre carliste ou «guerre des Matiners» en 1846. Cette guerre se développe principalement en Catalogne, Aragon, Navarre et Guipuzcoa jusqu’en 1849. Mis en échec et fait prisonnier, Charles VI renonce à ses droits en faveur de son frère Jean (1822-1887). Encore une fois, le mouvement est affaibli mais n’est pas tout à fait vaincu.

Jean, en exil en Angleterre, se maintient comme prétendant jusqu'à 1868. Cette année, Isabelle II, victime de sa politique irresponsable, se fait détrôner par le général Joan Prim. Après la période de régence du général Serrano, le Parlement désigne en 1870 roi d'Espagne Amédée de Savoie sous le nom de Amédée Ier d'Espagne. Menacé par ce nouveau roi, qui éloigne l’idée d’une restauration des Bourbons, conscient que son jeune fils Charles-Marie (1848-1909), vigoureux, charismatique et adulé, fera un meilleur chef; Jean s‘efface à son profit. Celui-ci prends le nom de Charles VII et déclenche en 1872, la troisième guerre carliste, d'abord contre le roi Amédée Ier, puis contre la Première République espagnole, proclamée en 1873 après l'abdication du roi, puis finalement contre Alphonse “XII”, fils d'Isabelle “II”, qui fut proclamé roi par le général Martínez Campos à Valence, en 1874.

Deux ans plus tard, avec la conquête d'Estella, en Navarre, la capitale carliste, la guerre prends fin. Charles VII se voit obligé de fuir vers la France, mais ses fidèles Requetés préparent la revanche et passèrent maîtres dans l‘art de la sédition et de la dissidence, en fomentant régulièrement émeutes urbaines, soulèvements populaires, révoltes paysannes anti-fiscalistes et ce, jusque dans les années 1930.

La cause du carlisme fut ranimée par la politique fortement anticléricale de la Seconde République (1931-1939). Sous le nom de «Communion Traditionaliste», les carlistes redeviennent une force politique de premier plan, notamment en Navarre. Le moral des Requetés n’est pas entamé malgré la mort du prétendant en 1931, le fils de Charles VII, Jacques III (1870-1931). La bannière du mouvement est transmise à son oncle, le vieil Alphonse Charles (1849-1936) qui choisira, à sa mort sans postérité en 1936, de remettre le destin de la cause entre les mains du Prince Xavier de Bourbon-Parme.

Complotant depuis longtemps, cherchant dès 1934 de l'argent et des armes en Italie, les carlistes se joignirent aux préparatifs de coup d'État coordonnés par le général Mola. Au matin du 1er juillet, 6000 Requetés sont prêts en Navarre. Ils s'illustrent très vite par leur enthousiasme et leur courage. Au contraire des monarchistes alphonsistes, les carlistes avaient une forte composante populaire et leur cohésion venait d'un très fort sentiment religieux, quelquefois mystique, accompagné d'un attachement aux formes traditionnelles de la vie préindustrielle. Leurs cris étaient toujours «Dieu, la Patrie et le Roi!» et «Vive le Christ-roi!».

Ils collaborèrent avec les autres composantes pour obtenir la victoire finale en 1939, mais le général Franco, conscient que la carlisme constituerait finalement une opposition à ses ambitions personnelles, décréta, en avril 1937, leur unification forcée à la nouvelle Phalange, opération qui ne se fit pas sans murmures et dissensions internes. Ce mouvement de centralisation politique fit suite à l'exil forcé du chef carliste Fal Conde, coupable aux yeux de Franco d'un excès d'autonomie et d'ambition politique.

Bien qu’il ait été broyé sous la période franquiste, le carlisme vit toujours, porté par S.A.R. le Prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme qui maintient les principes de toujours : «Dieu - la Patrie - les Fueros - le Roi» à travers la «Comunión Tradicionalista Carlista». Leur emblème est la croix de Bourgogne, rouge sur un drapeau blanc. Partisan de la monarchie traditionnelle, décentralisée, attaché à la doctrine sociale de l’Église, le mouvement possède des sièges et des sympathisants dans toute l'Espagne et publie plusieurs livres, revues et bulletins périodiques comme Ahora-Información et Acción Carlista. Chaque année, le 9 mai, les carlistes se rassemblent sur la montagne de Montejurra, lieu d’une importante bataille lors de la troisième guerre carliste, en 1873.

☩☩☩

1 comentario:

Rick Lamneck dijo...

Sotheby's New York
Lot 405, Old Master and 19th Century European Art Sale January 31, 2014
According to research, the painting could represent the secret marriage of Catharine d'Egmond & Louis De Bourbon, Prince-Bishop of Liège.
Portrait of St Leonard of Noblac, the painting was a votive offering of Cardinal Jean Jouffroy, ambassador and counciler of King Louis XI of France.
The painting includes a document dated October 20, 1473. This document describes the painting and its history. The archives of the Belgium Alexian Brothers has listed it as a notarial record confirming some ten deeds of the cloistered Brothers of Cologne, France and Hildesheim, in Lower Saxony, Germany. This painting has a concealed coat of arms, a monogram and a seal. The coat of arms and seal belong to both of the signers of this document. The signers of this document are Geraud of Salignac and Cardinal Jean Geoffroy.
Geraud of Salignac, lord of Rochefort, Baron de Fontenay. He was governor of King Henry IV in his youth. He married Isabella de Pierre-Buffière, daughter of Jean Geoffroy, and Marguerite de Bourbon-Busset.
This is an illegitimate branch of the House of Bourbon, being thus agnatic descendants of the Capetian dynasty. The line of Bourbon-Busset descends in male line starting from the son of Louis of Bourbon, Prince-Bishop of Liège (1438–1482), himself a son of Charles I, Duke of Bourbon. Louis, in male line a sixth cousin of king Charles VII of France, married, without royal licence, Catharine d'Egmond, a daughter of Arnold, Duke of Gelderlan.
A link to the full presentation: https://app.box.com/s/2ga0k4xu2ksou1dlrg7u