14 ago. 2017

Le corps du pauvre est le corps du Christ




LE CORPS DU PAUVRE
EST LE CORPS DU CHRIST

Plus d'une fois, nous avons tous lu dans la légende dorée de la charité quelqu'un de ces récits merveilleux, où le Sauveur, secouru sous les traits du mendiant ou du lépreux qu'il avait empruntés, apparaissait ensuite dans l'éclat très doux de sa gloire. Symbole corporel d'une réalité spirituelle plus grande et plus belle encore.

Comme jadis, dans la nuit divine, l'ange du Seigneur avait envoyé les bergers à l'étable de Bethléem: «Vous y trouverez un petit enfant ... couché dans une crèche». Ainsi, sur la parole de la pauvre Françoise Souchet, messagère du Seigneur, Jeanne Delanoue était allée chercher, elle aussi, dans une étable, six pauvres petits enfants presque nus, grelottants, gisants à terre avec leurs parents, tous consumés par la misère et la maladie. De son mieux, elle nettoie et accommode le taudi; elle y porte en abondance vivres et vêtements. Plusieurs fois par semaine, on peut la voir parcourir les quatre kilomètres qui séparent Saint-Florent de sa maison, courbée sous le poids d'un lourd panier. Les passants regardent avec surprise l'ancienne mercière, naguère un peu vaniteuse et fort avare, dans sa rude tâche de charité. Les uns admirent sa conversion et ils en bénissent Dieu, d'autres la prennent pour une insensée, d'autres enfin sourient, un peu sceptiques, et attendent de voir combien de temps elle persévérera dans son beau zèle, un feu de paille croient-ils. Et à ceux qui lui demandent, intéressés ou narquois, où elle va en telle hâte et si pesamment chargée, Jeanne répond: «Habiller et nourrir mes petits jésus». On haussait les épaules et l'on passait sans comprendre. Jeanne, elle, avait compris; elle était dans la vérité. Aucune inclination spéciale, avouait-elle plus tard, ne la portait à secourir les indigents, ni à s'intéresser à leurs misères. «Mais lorsque j'entends Jésus-Christ dire dans l'Évangile: Tout ce que avez fait au moindre de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait, je tremble de mériter ce reproche au dernier jour: J'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger... Voilà ce qui me porte à tout ce que j'entreprends, à tout ce que je fais».

Ce qu'elle fait? Mais c'est tout ce que ferait quiconque saurait voir dans le pauvre, comme elle l'y voyait elle-même: Jésus-Christ. Elle le traite, quel qu'il soit, comme elle eût traité Jésus-Christ en personne, avec le même empressement dévoué, la même délicatesse raffinée, la même vénération respectueuse.

Pour la même raison, rien ne l'arrête, si grand que soit le nombre de ceux qui se présentent, si grande que soit l'étendue de leur détresse, l'immensité de leurs besoins. C'est Jésus et, parce que c'est Jésus, il ne peut jamais être question de l'éconduire, il doit toujours trouver tout prêts le vivre et le couvert, on doit toujours avoir place pour lui. On se serrera, on agrandira, on bâtira, on s'endettera, qu'importe: «Mon Dieu, disait-elle, ce sont vos dettes; vous les acquitterez quand bon vous semblera». Et le Père infiniment riche du divin Pauvre payait toujours les dettes contractées pour son Fils. Des secours imprévus arrivent du dehors, à point nommé. Les obstacles les plus insurmontables tombent d'eux mêmes. Le pain, l'étoffe, l'argent se multiplient entre ses doigts. Comment suffire à sa tâche sans cesse grandissante: elle n'a que ses deux bras. De vaillantes compagnes lui apportent les leurs, et voici un nouvel Institut religieux que bientôt l'autorité ecclésiastique approuve et que le peuple appelle spontanément la Providence et, sans beaucoup tarder, la Grande-Providence.

À la mort de Jeanne Delanoue, la Congrégation de Saint-Anne de la Providence avait déjà pris un développement considérable. Sur elle, comme sur toutes les familles religieuses, la bourrasque révolutionnaire a passé, mais sans la détruire. Depuis, le zèle et la charité ont dû faire front sans relâche aux épreuves multiples et variées, conséquences des persécutions, des guerres, des crises de toutes sortes. Et néanmoins, continuant saintement et développant l'œuvre de votre Mère, vous travaillez dans un grand nombre de maisons, toujours, comme elle, au service des pauvres.

Cf. Acta Pii Pp. XII, Allocutio Ad christifidelesqui Romam convenerant ad beatificationem Ioannae Delanoue Celebrandam (Habita die 10 mensis Novembris a. 1947): Acta Apostolicae Sedis 40 [1948], n. 1, pp. 36-40.

10 ago. 2017

Inbild des Kosmos



Inbild des Kosmos

Una antigua leyenda judía tomada del libro apócrifo „Das Leben Adams und Evas“ «La vida de Adán y Eva» cuenta que Adán, en la enfermedad que le llevaría a la muerte, mandó a su hijo Set, junto con Eva, a la región del Paraíso para traer el aceite de la misericordia, de modo que le ungiesen con él y sanara. Después de tantas oraciones y llanto de los dos en busca del árbol de la vida, se les apareció el arcángel Miguel para decirles que no conseguirían el óleo del árbol de la misericordia, y que Adán tendría que morir. Algunos lectores cristianos han añadido posteriormente a esta comunicación del arcángel una palabra de consuelo. El arcángel habría dicho que, después de 5.500 años, vendría el Rey bondadoso, Cristo, el Hijo de Dios, y ungiría con el óleo de su misericordia a todos los que creyeran en él:

„Das Öl der Barmherzigkeit wird von Ewigkeit zu Ewigkeit denen zuteil werden, die aus Wasser und Heiligem Geist wiedergeboren werden müssen. Dann fährt der liebreiche Sohn Gottes, Christus, in die Erde hinunter und führt deinen Vater ins Paradies, zum Baum der Barmherzigkeit.“

«El óleo de la misericordia se dará de eternidad en eternidad a cuantos renaciesen por el agua y el Espíritu Santo. Entonces, el Hijo de Dios, rico en amor, Cristo, descenderá en las profundidades de la tierra y llevará a tu padre al Paraíso, junto al árbol de la misericordia».

En esta leyenda puede verse toda la aflicción del hombre ante el destino de enfermedad, dolor y muerte que se le ha impuesto. Se pone en evidencia la resistencia que el hombre opone a la muerte. En alguna parte —han pensado repetidamente los hombres— deberá haber una hierba medicinal contra la muerte. Antes o después, se deberá poder encontrar una medicina, no sólo contra esta o aquella enfermedad, sino contra la verdadera fatalidad, contra la muerte. En suma, debería existir la medicina de la inmortalidad. También hoy los hombres están buscando una sustancia curativa de este tipo. También la ciencia médica actual está tratando, si no de evitar propiamente la muerte, sí de eliminar el mayor número posible de sus causas, de posponerla cada vez más, de ofrecer una vida cada vez mejor y más longeva. Pero, reflexionemos un momento: ¿qué ocurriría realmente si se lograra, tal vez no evitar la muerte, pero sí retrasarla indefinidamente y alcanzar una edad de varios cientos de años? ¿Sería bueno esto? La humanidad envejecería de manera extraordinaria, y ya no habría espacio para la juventud. Se apagaría la capacidad de innovación y una vida interminable, en vez de un paraíso, sería más bien una condena. La verdadera hierba medicinal contra la muerte debería ser diversa. No debería llevar sólo a prolongar indefinidamente esta vida actual. Debería más bien transformar nuestra vida desde dentro. Crear en nosotros una vida nueva, verdaderamente capaz de eternidad, transformarnos de tal manera que no se acabara con la muerte, sino que comenzara en plenitud sólo con ella. Lo nuevo y emocionante del mensaje cristiano, del Evangelio de Jesucristo era, y lo es aún, esto que se nos dice: sí, esta hierba medicinal contra la muerte, este fármaco de inmortalidad existe. Se ha encontrado. Es accesible. Esta medicina se nos da en el Bautismo. Una vida nueva comienza en nosotros, una vida nueva que madura en la fe y que no es truncada con la muerte de la antigua vida, sino que sólo entonces sale plenamente a la luz.

Ante esto, algunos, tal vez muchos, responderán: ciertamente oigo el mensaje, sólo que me falta la fe. Y también quien desea creer preguntará: ¿Es realmente así? ¿Cómo nos lo podemos imaginar? ¿Cómo se desarrolla esta transformación de la vieja vida, de modo que se forme en ella la vida nueva que no conoce la muerte? Una vez más, un antiguo escrito judío puede ayudarnos a hacernos una idea de ese proceso misterioso que comienza en nosotros con el Bautismo. En él, se cuenta cómo el antepasado Henoc fue arrebatado por Dios hasta su trono. Pero él se asustó ante las gloriosas potestades angélicas y, en su debilidad humana, no pudo contemplar el rostro de Dios.

„Da sprach Gott zu Michael – so fährt das Henoch-Buch weiter fort -: Nimm Henoch und ziehe ihm die irdischen Kleider aus. Salbe ihn mit lindem Öl und kleide ihn in Gewänder der Glorie! Und Michael zog mir meine Gewänder aus und salbte mich mit lindem Öl, und dieses Öl war mehr als strahlendes Licht… Sein Glanz glich den Sonnenstrahlen. Als ich mich besah, war ich wie einer der Glorreichen“

«Entonces — prosigue el libro de Henoc — Dios dijo a Miguel: “Toma a Henoc y quítale sus ropas terrenas. Úngelo con óleo suave y revístelo con vestiduras de gloria”. Y Miguel quitó mis vestidos, me ungió con óleo suave, y este óleo era más que una luz radiante... Su esplendor se parecía a los rayos del sol. Cuando me miré, me di cuenta de que era como uno de los seres gloriosos» (Ph. Rech, Inbild des Kosmos, II 524).

Acta Benedicti Pp. XVI, Homiliae I, In sancta nocte VigiliaePaschalis (Die 3 Aprilis 2010). Acta Apostolicae Sedis 102 [2010], n. 5, pp. 272-276: versio hispanica.